Cyber harcèlement et pédophilie: comment protéger ses enfants ?


Les conseils de l' adjudant Céline Cuvillier, membre de la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile, pour protéger nos enfants du cyber harcèlement.

Avec les smartphones et les réseaux sociaux, pouvez-vous encore protéger vos enfants simplement en contrôlant l’accès à Internet à la maison ?

Cyber harcèlement et pédophilie: comment protéger ses enfants ?

Alors que les ordinateurs portables, smartphones et autres tablettes numériques viennent d’être distribuées massivement à nos enfants à l’occasion de Noël, nombreux sont les parents à s’interroger sur le comportement et les méthodes pédagogiques à adopter pour protéger les enfants des risques de cyber harcèlement et de prédation sur Internet. Pour répondre à ces questions, revenons sur le témoignage de l’adjudant Céline Cuvillier, membre de la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile, du Pas-de-Calais, interviewée par le journal en ligne L’Informaticien.

Dépassés par des outils qu’ils n’ont pas connus dans leur jeune âge, les parents semblent parfois désemparés face à l’utilisation d’Internet, par leurs enfants et adolescents. Contre le cyber harcèlement et les prédateurs pédophiles, une gendarme de la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile donne des simples conseils pour se protéger.

Plus naïfs encore que les internautes : leurs enfants. Ces derniers ne se rendent pas compte de ce qu’ils publient sur Internet. Victimes de cyberharcèlement ou potentielle proie de prédateurs pédophiles, c’est en premier lieu aux parents de leur apprendre à manier les réseaux sociaux que de toute façon ils utilisent. Pour l’adjudante Céline Cuvillier, membre de la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile, du Pas-de-Calais, l’interdiction pure et simple n’est pas la solution. Il faut surtout leur permettre de savoir maîtriser ses nouveaux outils numériques : « Si vous roulez dans une voiture à 50 km/h, tout va bien. Mais si vous roulez à 120 km/h, ce n’est pas la voiture qui est dangereuse, mais le comportement de son conducteur. C’est pareil pour Internet : ce n’est pas l’outil qui pose problème mais l’utilisation qu’on en fait. »

La place de l’ordinateur dans la maison

Le métier de Céline consiste à faire de la prévention dans les écoles, auprès des élèves, tout comme des parents même s’il faut avouer que tous ne se déplacent pas aux réunions d’information organisées dans les écoles, à ce sujet. « Nous expliquons aux parents qu’ils doivent établir une charte avec leurs enfants, décrivant les règles d’utilisation. Quitte à leur imposer des plages horaires d’utilisation. Ou même l’autogestion ! Vous pouvez accorder dix heures par semaine d’Internet à vos enfants. À eux de les gérer comme bon lui semble », propose Céline Cuvillier. D’autre part, il existe des outils informatiques pour aider les parents à contrôler la connexion de leur progéniture. Le navigateur « Potati, ton pote à toi », par exemple, a été conçu spécialement pour les enfants de 3 à 12 ans et s’adapte sur PC, Mac et tablette.

En effet, les tablettes ont été très nombreuses, cette année, au pied du sapin de Noël. Les parents ne s’imaginent pas qu’une tablette permet de naviguer de la même manière que sur un ordinateur. « Le plus gros souci, c’est la place de l’ordinateur dans la maison. Il arrive qu’un élève de CE2 soit déjà équipé d’une télévision, d’un ordinateur et d’une console dans sa chambre. La première chose qu’on dit aux parents c’est « sortez l’ordinateur de la chambre de vos enfants«  ! », » explique l’adjudante. Plusieurs raisons à cette injonction. D’abord, parce que dans une chambre, l’enfant aura plus de facilités à se retrouver dénudé. D’autre part, s’il voit une image dérangeante, sexuelle, sur son écran, il ne va pas forcément appeler ses parents qui sont plus loin dans la maison. Enfin, dans sa chambre, il sera davantage amené à discuter de choses dont il ne parlerait pas, avec les parents dans les parages.

L’ami d’un jour n’est pas l’ami de toujours

Le harcèlement a toujours existé dans les cours d’école. À la différence qu’aujourd’hui, c’est 24h/24h. « Il n’y a pas de pause et c’est facile », commente la gendarme. Elle ajoute un point essentiel : « les enfants ne comprennent pas la notion de droit à l’image. Mettre une photo de quelqu’un sur Internet, pour eux, c’est possible. Ils ne se sentent pas propriétaire de leur image. » Et sur Facebook, le problème fréquent est la création d’une page dédiée à une personne pour l’humilier. Autre chose que les enfants ne perçoivent pas non plus : « Mon ami d’hier peut très bien devenir mon ennemi de demain et se servir de ce que j’ai publié quand on s’entendait bien », finit Céline Cuvillier.

L’adjudant Cuvillier explique souvent en classe comment verrouiller son profil Facebook pour conserver sa vie privée. « En général, ils savent comment faire mais ils ne prennent pas le temps de faire ces réglages. Ils n’imaginent pas que cela puisse être dangereux. Mais si par exemple, l’enfant dit où il habite, à quelle école il se rend chaque jour et qu’il rentre seul le soir, quelqu’un de mal intentionné, avec ces trois informations, va être capable de cueillir l’enfant sur la route. » Les cybergendarmes de la caserne d’Arras ont précisé que les prédateurs n’hésitent pas non plus à aller sur des sites comme Tfou (le site de TF1 pour les enfants) ou Gulli, pour entrer en contact avec des jeunes, parfois très petits. En classe de CM2, les élèves ont quasiment tous un compte Facebook. Quand aux plus jeunes, ils n’ont parfois même pas besoin de se les créer : leurs parents s’en occupent pour eux.

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site du journal l’Informaticien. (source)

Victime ou témoin de cyber harcèlement ?